Diplomacy : la cliopolitique selon Henry Kissinger. Partie 3
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- 1 . "It was peace that maintained the Concert, and not the Concert that maintained peace". Medlicott (...)
Contrairement à ce qu'estimait Kissinger, la modération n'était donc pas le résultat du Concert, elle était au contraire l'un de ses fondements. La paix reposait sur l'équilibre politique, et la prudence seule ne pouvait la garantir. La faillite du système intervient dès le moment où ses bases de cette modération commencent à s'effriter. L'homogénéité politique des acteurs se dissout, la force des liens religieux et monarchiques s'amenuise, la guerre redevient une politique acceptable et la rivalité resurgit. L'équilibre politique et la communauté idéologique constituent donc les véritables facteurs de la paix, tandis que le le Balance of power marque sa rupture. En un mot, pour reprendre une formule lapidaire, c'est la paix qui a maintainu le concert, et non le concert qui a favorisé la paix1.
- 2 . "As a method of regulating international behavior and conflict, it did not generaly deter (...)
- 3 . "The inclination to exaggerate the success of the balance of power accompanies the (...)
- 4 . Waltz, qui avait toujours prétendu que la stabilité découlait de la bipolarité, reconnut que (...)
- 5 . Le Balance n'est donc pas un mécanisme structurant, au contraire, ce sont les évolutions entre (...)
- 6 . Par référence au texte fondateur du containment de Kennan George, "The sources of the Soviet (...)
En définitive, Kissinger a commis, nous semble-t-il, une double erreur. D'une part, il a exagéré l'influence du Balance of Power dans l'histoire des relations internationales, de l'autre, il s'est mépris sur les causes réelles de la paix, non seulement en 1815, mais plus encore au XXème siècle. Tout d'abord, sa confusion est manifeste entre le Balance et de Concert, qui sont des notions presque synonymes chez lui, alors qu'elles sont contradictoires et reposent sur des bases diamétralement opposées. Parce que la modération ne fut qu'une méthode de sa diplomatie et non son fondement2, parce qu'il ne mit en œuvre qu'un Balance et non un Concert, la politique de Kissinger ne contribua que dans une très faible mesure à la stabilité mondiale. Ses effets modérateurs restèrent fragiles et temporaires, et furent largement surestimés3. La paix, pour autant qu'on puisse évoquer ce terme tant les conflits périphériques furent nombreux, ne fut donc ni le résultat d'une structure qui n'exista que dans son esprit, ni un effet du Balance of Power amorcé depuis le containment, mais principalement un produit de la dissuasion nucléaire4. Le Balance of Power n'est pas une structure opérante mais seulement un cadre d'affrontements privilégiant le secret, la duplicité et la liberté de manœuvre. On comprend aisément les faveurs de Kissinger pour ce type de diplomatie mais son erreur fut de croire qu'en privilégiant les rencontres au sommet et les contacts personnels, il réussirait à changer le cours des évènements. Sa diplomatie ne modifia guère l'attitude des grandes puissances, et n'eut aucun effet sur la périphérie. Au contraire, comme l'ont démontré les avatars de la détente, le comportement des acteurs détermina le contenu de sa diplomatie5. Son néoréalisme basé sur la diplomatie personnelle resta lettre morte. En négligeant les "sources"6 du comportement soviétique, et en rejettant les tentatives pour les modifier, Kissinger pratiqua une version très réductrice du containment, centrée principalement sur le maintien du statu quo. Il fut sans doute un dirigeant bien moins "créateur" qu'Acheson. Rien ne fut jamais entrepris qui put favoriser un changement dans les intentions soviétique. La guerre froide était une équation constante dont il ne fallait surtout pas modifier les variables. Avec Kissinger à la Maison-Blanche, la paix était plus improbable que jamais et la guerre était toujours aussi impossible.
- 7 . "The model (of Kissinger) for the conduct of international relations had simply ceased to work (...)
Ce conservatisme excessif procède en réalité d'une seconde erreur plus radicale. Sa conception trop étroite de la légitimité s'avère en effet erronée et son application fut anachronique. Le Concert de 1815 était fondé, on l'a vu, sur la communauté d'intérêts de ses principaux acteurs. L'historicisme rankéen de Kissinger, qui privilégiait le sommet au détriment de la base, et instaurait un cloisonnement factice entre la politique étrangère et la politique intérieure, engendra une confusion entre les causes et effets du Concert de 1815. En voulant reproduire un modèle et appliquer des méthodes diplomatiques historiquement dépassées, Kissinger ignora totalement les nouvelles réalités de la politique internationale. Si sous Metternich la légitimité était monarchique, dès la fin du 19ème siècle, elle devint démocratique. Plus les sociétés devenaient responsables, plus le modèle kissingérien devenait anachronique. Comme l'a sanctionné la catastrophe de la Première guerre mondiale, l'ordre ne pouvait plus se limiter à un accord entre dirigeants, mais devait aussi inclure les conditions internes7. Comme l'illustra la décennie 1980, la paix n'est pas seulement un sous-produit de l'ordre, mais plus fondamentalement un résultat de la justice. Parce qu'il ne s'intéressa qu'aux seules relations entre dirigeants, parce qu'il a toujours négligé les réalités économiques et sociologiques qui sont à la base de la politique, parce qu'en un mot il s'est contenté d'étudier la forme au détriment du fond, il est passé à côté de la seule leçon pertinente que l'on pouvait déduire de 1815 : le concert ne se dicte pas d'en haut mais s'établit par le bas, la légitimité ne se décrète pas mais se construit. Et plus que jamais aujourd'hui, l'ordre inclut la justice.
1989 et la justice
D'essence conservatrice, le concert de 1815 ne résista pas aux mouvements sociaux internes, et la paix monarchique succomba sous l'effet des révolutions de 1848. Les chefs d'Etats ont pu imposer le statu quo pendant un temps limité, mais ils n'ont pu s'opposer à la force des revendications révolutionnaires et à la montée des nationalismes. Le réalisme historiciste de Kissinger, basé sur l'anarchie structurelle, sur la prédominance du chef de l'Etat, et sur la primauté de la politique étrangère, ne pouvait qu'ignorer les fondements sociologiques et politiques qui ont été à la base du Concert et de sa rupture. Sa lecture apparaît donc déjà bien limitée pour le 19ème siècle, mais depuis l'émergence de la démocratie à l'aube de ce siècle, elle nous semble totalement erronée. De manière plus générale, les paradigmes réalistes, parce qu'ils considérent que le dilemme de sécurité est un donné et non un construit8, parce qu'ils posent l'immuabilité de la forme étatique9 au détriment de la dynamique des sociétés10, sont par leur définition même hermétiques aux changements et aux évolutions de la vie politique internationale. En estimant que l'anarchie est la seule structure qui s'impose aux Etats, ils décrétent dans le même temps que ce dernier n'est ni susceptible d'évoluer ni de modifier à son tour l'environnement dans lequel il évolue. De ce fait, les évolutions sociétales et transnationales sont systématiquement écartées. Or, force est de constater que les Etats à l'heure actuelle n'ont plus grand chose en commun avec ceux qui ont signé le Traité de Westphalie et qu'aujourd'hui le système international n'est plus celui de 1648. Il est donc essentiel de réintroduire les sociétés dans la politique internationale, de partir d'en bas pour arriver en haut, et non l'inverse. La décennie 1980, plus encore que celle de 1815, illustrent clairement cette nécessité de changer de perspectives et révèlent les limites manifestes de l'analyse réaliste en général et de l'approche kissingérienne en particulier.
- 8 . Plus que sur la pertinence du néoréalisme, le débat essentiel porte sur le niveau d'analyse (...)
- 9 . "The realists reify the nation-state as a single idealised community acting to ensure its (...)
- 10 . "While the realist perspective highlights the similarities between Charles V, Napoleon, Wilhelm (...)
- 11 . L'argument selon lequel les Occidentaux ont voulu négocier avec les Soviétiques après avoir (...)
- 12 . "A realist explanation that depicts Gorbatchev's radical reorientation of Soviet domestic and (...)
- 13 . "If the Cold War was firmly rooted in "a structure determined by the distribution of (...)
Kissinger se contente en effet d'une appréhension géopolitique de la fin de la guerre froide, en soulignant la victoire de la force reaganienne sur la faiblesse soviétique. Fidèle à sa conception rankéenne, la chute du Mur de Berlin se limite à une histoire de diplomates et à son aspect le plus visible, le dialogue Reagan-Gorbatchev. Il n'est pas lieu ici de refaire l'histoire de la fin de la guerre froide, mais de souligner brièvement les insuffisances des explications et l'incohérence des paradigmes néoréalistes avant d'ébaucher une autre interprétation concurrente des changements de 1989. En premier lieu, le Balance of Power ne peut constituer en aucun cas la seule grille d'analyse pertinente pour justifier la nouvelle pensée politique de Gorbatchev dès le milieu des années 198011. Si la recherche de puissance induite par la structure anarchique constitue la donnée permanente du système international, alors l'abandon par l'Union soviétique de son glacis principal de sécurité en Europe de l'Est contredit les résultats attendus de la théorie (néo)réaliste12. La distribution de puissances entre les deux Grands ne permet d'expliquer précisément ni le déroulement de la guerre froide, ni le changement de comportement de Gorbatchev13. Pour justifier la réorientation radicale de Moscou dès 1985, l'analyse doit sortir du cadre réaliste. Il faut renverser le schéma d'analyse classique, et considérer d'abord les développements internes, les changements de conceptions dans le domaine de la sécurité, la dynamique des enjeux sociaux, et la force des idées politiques et des manifestations culturelles, et analyser ensuite leurs conséquences sur le système international.
- 14 . "States can no longer seek security at each other's expense, it can be attained only through (...)
- 15 . Si les échanges d'idées sont essentiels, la structure des canaux par lesquels elles circulent, (...)
- 16 . "The CSBM can be seen to operationalize the meaning of common security developped by the Palme (...)
- 17 . Pour une généralisation de l'argument, Voir Rosecrance Richard et Arthur A. Stein, "Beyond (...)
Dans le domaine de la sécurité, il faut relever tout d'abord l'importance des échanges et des réflexions entre l'Est et l'Ouest menées au sein de la CSCE. Entre la nouvelle pensée politique de Gorbatchev et les conceptions sur la sécurité commune émises au sein de la Commission Palme, notamment par Egon Bahr, les similitudes sont loin d'être fortuites. Succintement, dans les cercles de réflexions stratégiques en Europe particulièrement en Allemagne de l'Ouest, mais aussi parmi les proches de Gorbatchev, une conception commune selon laquelle il ne pouvait y avoir de sécurité sans coopération mutuelle s'est peu à peu imposée à partir de la moitié des années 198014. Il ne s'agissait pas seulement de relations interétatiques mais bien d'échanges entre experts au niveau individuels et académiques. De plus, les partis politiques allemands entretenaient des contacts étroits avec les membres de la société civile polonaise, est-allemande et soviétique et il n'est donc pas surprenant que Bonn se soit montré particulièrement enthousiaste vis-à-vis des premières réformes de Moscou, contrairement à Washington. Gorbatchev lui-même reconnut qu'il avait été fortement influencé par les travaux de la Commission Palme et qu'il s'en était inspiré pour développer son concept de maison commune européenne15. Les premières Mesures de Confiance et de Sécurité développées au milieu des années 1980 témoignent de cette prise de conscience au niveau politique et attestent que la notion de sécurité commune était devenue majoritaire en Europe16. Ceci signifie que, même dans le domaine stratégique, pourtant au cœur des analyses réalites, les évolutions ne sont pas uniquement dépendantes d'un rapport de forces ou d'une distribution de puissances mais qu'au contraire les idées, les conceptions et leurs échanges y jouent au contraire un rôle fondamental17. Par conséquent, il y a lieu là aussi de tenir compte de la base avant d'envisager les décisions au sommet. Sans cette démarche, on se méprend sur les fondements des conceptions de Gorbatchev et sur les effets qu'elles ont suscité à l'Ouest. Bien loin d'être une victoire de Washington, les débuts de la nouvelle politique de Moscou marquent avant tout l'adoption par Gorbatchev du concept de sécurité commune prônée par une majorité d'experts en Europe et témoignent de sa volonté d'aménager et puis de sortir du dilemme de sécurité qui gelait ses rapports avec l'Occident. C'est la conception associative et communale de la puissance qui s'est imposée, et non un effet du Balance of Power.
- 18 . Contrairement à ce que croit Kissinger, la CSCE fit beaucoup plus que simplement "keep the (...)
- 19 . "Stability in international relations also rests on the independent and democratic development (...)
- 20 . "Emancipation and security are two sides of the same coin. Emancipation, not power and order, (...)
Il convient ensuite de souligner les travaux, préparés dans le cadre du processus d'Helsinki, du Réseau Européen pour le Dialogue Est-Ouest, dont les membres n'étaient pas des Chefs d'Etat mais des représentants de la société civile de part et d'autre du Rideau de fer. Dans son rapport de 1985, fruit d'un échange entre dissidents de l'Est et observateurs et leaders d'opinion à l'Ouest, il est rappelé l'importance et l'interdépendance des trois paniers de la CSCE18. La conviction est générale pour estimer que la sécurité en Europe repose d'abord sur le respect des libertés civiles et politiques au sein des Etats et qu'elle pourra être assurée ensuite par une confiance mutuelle entre responsables étatiques19. La sécurité en Europe était avant tout une question de sécurité individuelle au sein de l'Etat20, accessoirement une question de rapports diplomatiques entre eux. La détente si elle ne reposait pas sur des bases internes n'avait aucune chance d'aboutir. Les conclusions du Réseau Européen sont particulièrement éclairantes. Elles décrivent non seulement le processus par lequel la guerre froide prendra effectivement fin, mais constituent par ailleurs une excellente critique d'une politique limitée au sommet envisagée par les réalistes et mise en œuvre par Kissinger :
"La politique de détente, pour parvenir à des résultats durables, doit s'appuyer sur une base solide non seulement au niveau gouvernemental, mais également au sein des sociétés. Les contacts entre les populations et les activités communes entre les groupes et les individus par delà les frontières peuvent dissoudre les structures de la Guerre Froide et préparer le terrain pour une « paix chaude ». La politique officielle de détente devrait créer un cadre qui encourage le processus de « détente par le bas ».
- 21 . Par conséquent, "In contrast to the realist concept of the national political community, (...)
La paix, qui plus qu'en 1815 n'était pas seulement l'absence de guerre, devait s'établir à partir des sociétés, lesquelles ne connaissent pas de frontières, elle ne pouvait pas se commander seulement depuis les Etats21. Elle doit reposer d'abord sur les conditions internes et sur la légitimité du pouvoir exercé au sein des Etats, et non sur une seule légitimité reconnue entre eux. Comme le notait Vaclav Havel : "Une paix durable ne peut être le fruit que de peuples libres. Le respect des droits de l'homme est la condition fondamentale et la seule garantie authentique d'une paix véritable".
- 22 . L'un des conseillers de Baker eut cette remarque révélatrice : "Why buy what history is (...)
- 23 Selon la perspective réaliste, "the Cold War was not supposed to end as it did. In effect, the (...)
- 24 . Canning avait exprimé cette idée de manière plus radicale : "Conferences are useless or (...)
- 25 . Sur la valeur de la paix démocratique, voir entre autres, Russett Bruce, "Grasping the (...)
- 26 . "Social change did create a "new diplomacy" which had to take into account the broadened (...)
- 27 . "Today, there is a new trend, so messy that there is no adequate term for it. Democratization is (...)
La dernière décennie de la guerre froide fut donc marquée par bien autre chose que la simple modification d'un rapport de force. Les vidéos, les films, les émissions de Radio Free Europe, les échanges culturels et les aides économiques ont fait beaucoup plus pour la fin de la guerre froide que les missiles du SAC ou les lasers de l'IDS. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si à Moscou on qualifia la démocratisation à l'Est de doctrine Sinatra. L'obsession kissingérienne pour l'ordre géopolitique au détriment des véritables facteurs de paix l'amena par ailleurs à prodiguer des initiatives inadaptées aux nouvelles réalités internationales. En décembre 1988, il proposa au président Bush de négocier secrètement un accord avec Moscou. En échange de la promesse de Gorbatchev de ne pas s'opposer aux réformes politiques en Europe de l'Est, les Etats-Unis s'engageaient à ne pas exploiter la situation en leur faveur au détriment des intérêts légitimes de l'Union soviétique. Ce plan, qualifié de Yalta II par le Département d'Etat, fut rejeté tant à Moscou qu'à Washington22. Le Balance of Power n'explique donc pas la fin de la guerre froide, son application politique en a au contraire retardé l'échéance.23 Dès lors qu'il existe une communauté d'intérêts, ses méthodes deviennent inutiles et contreproductives24. Si dans les sociétés monarchiques, la puissance était principalement une question de ressources des gouvernements, elle se mesure désormais à l'aune du bien être social et des libertés publiques. Les méthodes et les postulats réalistes ne peuvent plus représenter la seule grille de lecture de la vie internationale et ce d'autant plus qu'on assiste à une généralisation de la paix démocratique25. Il y a bien aujourd'hui une "nouvelle" diplomatie fondamentalement différente de celle prônée et pratiquée par Kissinger26. Elle n'est plus dictée par le seul dilemme de sécurité, mais bien par les évolutions de la "société civile"27, dont la logique relève plus d'A. Smith que de Thucydide. La leçon principale de la guerre froide est qu'on ne peut séparer les affaires étrangères des conditions intérieures, la stabilité de la justice et la paix de la liberté.
- 28 . "Statesmen must be judged not only by their actions but also by their conception of (...)
- 29 . "In three and a half years, the very nature of the international system as we had known it was (...)
Les conclusions sont donc sévères pour l'approche réaliste en général et pour sa version kissingérienne en particulier. Si les hommes d'Etats doivent être jugés non seulement par leurs actions mais aussi par les alternatives qui étaient à leur disposition28, alors le bilan de Kissinger est particulièrement décevant. Un écrivain tchèque, un électricien polonais et un acteur d'Hollywood ont été des hommes d'Etat bien plus créateurs que Kissinger le diplomate. Comme le reconnaît plus modestement James Baker, les "gens ordinaires"29 font aussi l'histoire.
Notes
Pour citer cet article
Référence papier
Cultures & Conflits n° 19-20 (1995) pp.141-178
Référence électronique
Jean-Yves Haine, « Diplomacy : la cliopolitique selon Henry Kissinger. Partie 3 », Cultures & Conflits, 19-20, 2003, [En ligne], mis en ligne le 04 mars 2003. URL : http://www.conflits.org/index890.html. Consulté le 21 juillet 2008.
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